Mai 2022 - La Lettre d’Amélie n°12 :
FRANCHE-COMTE

La musique de la région pour accompagner votre lecture :



Lundi 16 mai 2022

Cher ami voyageur,

Et si la Franche-Comté vous était contée… qu’aimeriez-vous qu’il vous soit conté ?

Des histoires de Vouivre et de jeunes aventureux ? Des rencontres de lynx au cœur d’un paysage naturel jalonné de cours d’eau, dessinant une destination phare pour tout amateur de paysages préservés, tels ceux qu’offre le Haut-Jura, le plateau des Mille Étangs ou le massif des Vosges ? Mais encore des itinéraires sur la route du Sel et des invitations à se questionner sur la cité idéale ? Ou bien des flâneries au cœur de villes d'Art et d'Histoire au bâti remarquable, comme Besançon et sa citadelle Vauban, Belfort et son Lion ou encore Montbéliard et son château des ducs de Wurtemberg ?

Et tant qu’à vous dévoiler ses charmes au présent autant qu’à vous retracer son passé, on pourrait même être tenté de vous lâcher une date : 1678. C’est par le traité de paix de Nimègue que la Franche-Comté est annexée par la France. Au préalable, saviez-vous qu’elle relève du Saint-Empire romain germanique ? Pour la petite histoire, il est dit que le comte de Bourgogne Renaud III (1126-1148) aurait refusé de prêter hommage à l'empereur germanique Conrad III ; ce qui lui aurait valu le surnom de « Franc-Comte », d’où proviendrait l'origine du nom Franche-Comté.

Grimpez-vous à bord de la bulle de savon
pour une fugue, non, une valse sylvestre
signée Olivia Colboc ?


Photo : Eva Bigeard

La musique d’Amélie, propice au voyage, nous vous la partageons en outre avec émotion : http://www.voyageinterieur-enfrance.com/#musique


EXTRAIT du voyage en Franche-Comté, sur les terres de la Vouivre

« Quelques instants plus tard, la pluie devait encore assombrir le spectacle à la hauteur du plateau des Mille Étangs. Un patchwork d’étangs, bordé de forêts de sapins, de clairières et agrémenté de petites maisons de bois sur pilotis, composait un paysage pourtant enchanteur. Un paysage de légendes ! Qui oserait se moquer des gens du pays lorsqu’ils assuraient que des nymphes dansaient au son d’une lyre magique autour des étangs ce jour gavés d’eau ? Chaque pêcheur savait ici qu’il lui fallait entrer en communication avec les ruisseaux de montagne, car, à la moindre agression faite à la Nature, le sort qui lui était réservé s’avérait terrible : il se retrouverait figé à tout jamais dans la pierre ! Légendes ? Mais alors que venaient faire, au milieu de nulle part, ces blocs erratiques que les pêcheurs ne manquaient pas de rencontrer lors de longues marches au milieu des genêts ?
     Amélie était tentée par le doute, le scepticisme des adultes qui ne voulaient croire qu’en ce qui avait une forte résonance logique. Mais elle se ravisa vite. N’apprenait-elle pas chaque jour, depuis maintenant plus de six mois, la force de la Nature, la vérité de ce qui nous dépasse, au contact de Musette ? D’ailleurs, comment ne pas croire, ainsi suspendue au ciel dans une bulle de savon, sinon à penser que Musette travaillait à la légende d’Amélie ? La légende d’une petite fille, dévorée par le désir de découvrir le monde et qu’un jour, le Père Noël avait envoyée en mission survoler la Terre dans une bulle de savon. Raconterait-on un jour cette légende au coin du feu au cours des veillées de Noël ? La saupoudrerait-on d’un zeste de danger, d’une pincée de violence, pour sommer les petites filles d’être vraiment sages, de crainte de devoir connaître le même sort ?
      Au pays de Montbéliard, nul enfant ne craindrait jamais la bonne Tante Arie. Vêtue comme une modeste paysanne avec son bonnet, sa jupe courte, ses souliers bas à boucles, elle était la déléguée du Père Noël, chargée d’apporter les étrennes aux enfants. Le soir du 24 décembre, elle passait de maison en maison avec son âne, chargée de cadeaux et de biscuits qu’elle confectionnait elle-même. Là-bas, tous les enfants formulaient des vœux sucrés aux senteurs de caramel et de chocolat.
      Dans les mille étangs, tout concourait à l’irrationnel et au fond, la fillette s’en réjouissait. Elle s’en réjouissait avec au cœur ce souhait de délivrer des messages fondés sur l’émerveillement qui naissait de cette capacité à « habiter poétiquement le monde ».
      Elle s’en réjouissait d’autant plus qu’elle ressentait souvent combien les inquiétudes de ses parents n’avaient pas voix au chapitre de la Vie lorsqu’on percevait, comme elle le vérifiait désormais quotidiennement, combien chaque jour dénué de crainte nous accompagnait vers le meilleur.
      Loin de reléguer son expérience de voyage au titre de simple dépaysement, de loisir, parmi d’autres, comme l’étaient finalement ses jeux vidéo, Amélie percevait la profondeur de ce temps en survol au-dessus des montagnes, des campagnes, parfois au fond de la mer. Quelque chose en elle s’en émouvait tandis que cette expérience la conviait à grandir, à oser la vie, à oser sa vie. Et c’était peut-être là sa mission : partager cela simplement, presque naïvement. » 


Prêt.e à vous envoler ?

De cette terre de montagnes, de vallées agricoles fertiles et de forêts de pin qu’est la Franche-Comté... de cette terre dont me revient à cette heure encore, comme une madeleine de Proust, l’inimitable goût du Mont d’Or au cerclage en épicéa qui lui confère un parfum caractéristique de sous-bois, je me réjouis de vous en partager quelques belles adresses ; de celles qu’on énonce avec le cœur, du bout des lèvres, dans un chuchotement, presque comme un secret.

C’est ainsi d’ailleurs que nombre d’hôtes que nous accueillons en notre écolodge repartent, avec le sentiment d’avoir découvert une cachette et bien souvent nous livrent en guise d’au revoir : « votre lieu, on saura le partager ». J’espère aussi savoir ici vous partager au mieux ces lieux chers à mon cœur.

Ces lieux, ces belles adresses reposent sur 3 piliers :

-  le goût de l’Art, le sens de la poésie, laissant éclore la créativité,

-  le goût de la Nature, une certaine gourmandise des bonnes choses, toujours dans le respect du vivant,

-  une attente de bien-vivre, avec à la clé des expériences singulières dont on appréciera le goût de l’exclusivité, du presque secret, sur le ton de la confidence.

            A quoi j’ajouterai une irrésistible envie de vous faire prendre de l’altitude, pour vous propulser à hauteur de bulle, dans le bleu du ciel. Haut, si haut !

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La Franche-Comté déroule, le long de la frontière suisse, ses massifs du Jura, des Vosges et du Morvan. Des terres dévolues à une riche agriculture qui repose principalement sur la vigne avec parmi ses AOP renommées, les Côtes du Jura ou d’Arbois, mais aussi le lait fortement valorisé dans la production de fromages (avec le Comté, le Morbier, le Mont d’Or mais encore le Bleu de Gex), la viande bovine (de race Charolaise pour majeure partie) et les grandes cultures céréalières (blé, orge, maïs).

A la fromagerie Les Longevilles Arnaud, vous trouverez à vous ravitailler en boites chaudes autant qu’en saucisses de Morteau et autre saucisson fumé au Comté.

Autre produit typique cultivé dans la zone historique de production : l’absinthe, au-dessus de Pontarlier, à découvrir dans la distillerie artisanale La Semilla qui vous présentera sa gamme d’absinthes issue de recettes anciennes qui, à la grande absinthe, adjoignent l’hysope, la mélisse, la petite absinthe, et bien d’autres plantes encore. Interdite en France jusqu’au début des années 2000, l’absinthe n’en est pas moins une plante aux nombreuses propriétés (digestive, vermifuge…).

Après les bonnes choses, les belles choses. Dans ce domaine, le bois tient une place prépondérante.

Depuis le Moyen-Âge, l’activité artisanale et économique de cette région s’est centrée sur l’industrie du tournage du bois, également nommée « tournerie ». C’est ainsi que l’on pouvait concevoir des pipes avec le bois issu des forêts environnantes. Les artisans privilégiaient alors le buis, l’érable, le merisier ou le hêtre. Mais ces essences de bois avaient plusieurs inconvénients, à commencer par celui de conférer un goût particulier au tabac. A partir de 1850, la pipe artisanale jurassienne connut un développement important autour de la racine de bruyère, qui, outre le fait de ne pas impacter le goût du tabac, s’est avérée bien plus résistante au feu que les bois traditionnels. En outre, la bruyère est une matière légère qui permet au fumeur de garder sa pipe au coin de la bouche sans difficulté. Dès lors, ce nouveau matériau fit la réputation de Saint-Claude, qui se revendiqua capitale de la pipe.
Si les techniques de fabrication ont bien changé, avec la mécanisation des procédés, de nombreuses fabriques de pipes du Jura ouvrent leurs portes pour vous faire découvrir leurs méthodes de production.

Autres objets de bois qu’Amélie pourrait adorer car ils sont résolument associés au monde de l’enfance, connectés à la magie de la vie : les boites à musique. A Dommartin près de Pontarlier, Etienne Saillard jongle de l’univers de l’ébénisterie à celui de la marqueterie pour réaliser ces beaux objets que sont ses boîtes à musique artisanales qui offrent un écrin précieux aux premiers bijoux du bébé et une résonance au mécanisme musical. De l’Ave Maria à la Petite musique de nuit… voilà de quoi bercer les nuits de votre chérubin… à moins que ce ne soit vos journées, le temps d’une rêverie. « Le bois plaisir », du plaisir d’Etienne au nôtre, il n’y a qu’un pas… un pas que vous franchirez peut-être en passant le pas de la porte, 5 b rue du Puits.

A Bois d’Amont, le musée de la Boissellerie finira de tout vous livrer sur l’univers du bois. Des histoires de boîtes et coffrets en tous genres vous y seront contées : de la boîte à horloge à la boîte à fromage en passant par la boîte à pharmacie…

En bordure de la Suisse, vous l’aurez deviné, la Franche- Comté est l’autre berceau de l’horlogerie. C’est au XIXe siècle que Louis-Elysée Piguet fonde son atelier spécialisé dans la micromécanique en Vallée de Joux. C’est préalablement durant les hivers rigoureux, alors que la neige tombe en abondance et qu’ils se retrouvent isolés que les fermiers s’occupent en fabriquant des composants de montres. Les complications représentent l’expression ultime de l’art horloger. Leur réalisation requiert des compétences supérieures, toutes intégrées au cœur de la Manufacture Blancpain. Elles comprennent des calendriers (complets, annuels ou perpétuels), des phases de lune, des quantièmes, des équations du temps, des double fuseaux horaires, des alarmes, des tourbillons, des carrousels, des chronographes, des heures sautantes, des minutes ou secondes rétrogrades, des profondimètres ou encore des répétitions minutes (avec ou sans automates). Dans l’ancien moulin du Brassus, Louis-Elysée Piguet aménage alors les ateliers des montres compliquées, dont il fournit encore des mouvements aux prestigieuses maisons horlogères genevoises. La Maison y perpétue en effet l’admirable tradition des complications les plus exigeantes et les plus difficiles à réaliser, telles l’Equation du Temps Marchante et du Calendrier Chinois Traditionnel.

Et puis, pour qui voudrait arrêter le temps tout à fait, la colline de Ronchamp, haut lieu spirituel, offre à qui recherchera l’inspiration et plus encore, l’intériorité : la chapelle Notre-Dame-du-Haut pour lieu d’accueil et de visite, et le couvent des clarisses pour lieu de séjour, de retraite. Reprenant les paroles d’Antoine de Saint-Exupéry, il affiche clairement l’esprit du lieu : « Le véritable voyage, ce n’est pas de parcourir le désert ou de franchir de grandes distances sous-marines, c’est de parvenir en un point exceptionnel où la saveur de l’instant baigne tous les contours de la vie extérieure. »
C'est de couvent en couvent que bien souvent, j'ai mis au clair mes notes de voyage. 
                      

Ultime coup de cœur dont Amélie n’aura pas fait l’expérience, univers créatif des plus inattendus qui ne peut que charmer l’enfant en soi : RENA. Un univers à part, installé au cœur de la Franche Comté mais inspiré par un voyage en Inde autant que par le monde de la rue. Des objets trouvés : une roue, une poignée de valise, un sapin de noël, du matériel de bureau, se mélangent aux sacs plastiques et au fil de T-shirt recyclé pour renaitre dignement, sous la forme de volumes crochetés pour créer des personnages fantasmagoriques avec une forte identité.
Pour cela, vous dira-t-on : « Écoutez simplement le matériau. Que va-t-il dire ? Attendez, c’est tout. » A leur écoute, Séréna Moglia redonne vie aux déchets par la voie du tricot, du crochet ou de la broderie main, mais encore du dessin, de la sculpture ou de la peinture. In fine par la voie du cœur… « Je crois en une mode durable où l'objet en lui-même est plus important que les tendances. Les producteurs, les acheteurs, l'environnement et les produits méritent tous d'être traités avec amour et respect. C'est, pour moi, la seule voie vers une création, une production et une consommation saines. », livre Séréna qui transmet aussi au travers d’ateliers de création, dans son espace 11 rue des Vieilles Perrières, à Besançon.                                        

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À toutes les étoiles dans le Ciel
Aux bulles de savon de notre enfance
et à toutes les prochaines en partance vers le Ciel. 

Aux notes de musique qui s’égrènent aussi en direction du ciel,
comme celles d’Olivia qui accompagne, au-delà de mes rêves,
la musique des mots, la vibration des régions.

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"Heureux qui comme Ulysse"...

Et si ensemble, nous entreprenions en cette encore nouvelle année un beau et courageux Voyage qui mène ultimement aux frontières du profondément humain et de l'ultimement divin... en quête de Paix et de bien-vivre ?

Merveilleuse journée,
Laurence

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